Collègues dépassant les plans

Chantier de fouilles du parlement (communiqué)

Namur, 15 avril 2020

La guerre entre l’histoire et le politique n’est pas un combat qui date d’hier.
S’aventurer dans les entrailles de la hiérarchie de l’agence de patrimoine (AWAP) semble un périple à première vue. L’exemple actuel est simple : le chantier de fouilles qui se trouvait au pied du parlement à Namur.

Contexte

2018, l’IPW (institut du patrimoine) se voit aspiré par un organisme qui n’allait pas mieux que lui. Les résultats de cette restructuration ne se font pas attendre : des postes sont ratifiés tandis que des personnes compétentes sont mises de côté. Concrètement, la sauvegarde et la valorisation du patrimoine en pâtissent.

Fouilles au parlement

Au pied des portes politiques parlementaires à Namur, l’Histoire se redessine lorsque nos députés jugent nécessaire d’agrémenter leur loge,...On redécouvre des fondations des quartiers médiévaux ou remontants à l’époque romaine. C’est après avoir rasé de nombreuses maisons que la société de démolition a fortuitement exhumé des vestiges qu’elle aurait mieux fait de laisser là...

COVID-19 également mortel pour le patrimoine ?

Avant la déclaration de l’épidémie, les tensions ayant attrait aux subsides et aux sous effectifs, étaient déjà présentes en région namuroise. La ministre en charge du patrimoine avait alors saisi le problème en déployant 15 archéologues supplémentaires dans la région. Malheureusement comme sur la plupart des sites de fouilles, les moyens sont réduits, les postes vacants.
Et puis le COVID est arrivé,...

Sur le site du parlement on accorde dans un premier temps le chômage technique à la société de construction/démolition. Pour les archéologues, les mesures sanitaires sont claires. Les informations qui leur sont transmises sont strictes et leur interdisent de travailler. En plus de ces mesures, le manque de soutien, combiné aux habituels problèmes hiérarchiques, ont débouché sur des erreurs comme l’atteste la confusion des sites de fouilles à travers les différents contacts avec le cabinet de la ministre. Finalement, le 8 avril 2020, le conflit revient aux portes de la ministre du patrimoine, impliquée dès lors dans un combat qui ne serait pas le sien. On finit alors par dispenser (de force) les archéologues de leur travail. Lorsque les archéologues se rendent compte que leur hiérarchie n’a pas pris les devants pour prolonger la convention pour les fouilles , passée entre le parlement namurois et leur agence (AWAP), ils tombent des nues.

Épisode qui rappelle les fouilles qui avaient eu lieu dans l’église Saint-Mort à Huy. Chantier jamais achevé où les objets archéologiques sont restés sur place (tympan roman, sarcophage,...).

Au final cette péripétie typiquement wallonne nous questionne une fois de plus sur la problématique de savoir si notre patrimoine ne repose pas sur une dynastie fondée par un dieu de droit divin appelé « copinage politique »

Selon un récent communiqué de la ministre du patrimoine, les responsables de l’AWAP sont encore en mesure d’accepter une nouvelle proposition de convention pour reprendre les fouilles jusqu’au 29 mai.

Après notre communiqué, un dialogue fut rétabli entre l'AWAP et le parlement. Une prolongation fut ainsi accordée pour terminer les fouilles. 

Sources :

Presse :

https://www.laprovince.be/…/la-suite-des-fouilles-de-la-mai…

https://www.dhnet.be/…/petition-urgente-pour-sauver-le-prec…

https://m.rtl.be/info/1211057

- Pierre Emmanuel Lenfant (voir réponse du cabinet de la ministre à son interpellation)

-Awap (direction opérationnelle)

-Cabinet de la ministre De Bue
(Contact en date du 13 avril 2020)

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