Communiqué ASBL Communauté Historia - Eglise Lodelinsart

La saga continue pour l'église de Lodelinsart

Elle est aujourd’hui éventrée, à peine reconnaissable; l'église Sainte Marie de Lodelinsart était, rappelons-le, l’œuvre de l’architecte Riez. Elle était caractérisée par son clocher remarquable, une harmonie intérieure intéressante et un buffet d’orgue particulier en son genre. Après un long état d'abandon du bâtiment, la ville, propriétaire, avait pris l'initiative de la faire démolir.

Un arrêté fût pris par le bourgmestre qui clamait l'extrême urgence. L'échevin Xavier Desgain était aussi certain de lui. « Il y a un rapport disant bien que le bâtiment présente un grand risque pour la population ».

Mais finalement n'est ce pas trop facile d'attendre qu'un bâtiment tombe en ruine pour trouver un prétexte pour le raser ?

Pour l’échevin, c’était une priorité, le rapport contenant les preuves de l'extrême urgence était clair.


Le problème ? Le rapport (justifiant une extrême urgence) n'a jamais existé.

"Les travaux qui ont été entamés sur la base de l'ordonnance du bourgmestre ne sont pas justifiés par l'extrême urgence".
Annonçait le fonctionnaire délégué en juillet dernier.

Après avoir été interpellée par des citoyens du quartier, l'ASBL avait dépêché l'ensemble des services publics de la région wallonne dans le bâtiment.Un constat minutieux du personnel de l'AWAP et du SPW avait été réalisé. La ville n'avait pas voulu participer à cette réunion. Il fallut peu de temps aux agents du SPW, de l'AWAP pour poser de sérieux doutes sur les raisons justifiant l'extrême urgence.
Peu importe, il fallait rayer l'église Saint Marie du paysage. La ville se permit donc de passer au-dessus des lois et de l'avis de la région wallonne. Ainsi l'histoire s’était arrêtée au PV constatant l'infraction urbanistique.

Nous avons repris contact avec le cabinet du fonctionnaire délégué, celui-ci nous a annoncé qu'il avait reçu la réponse du procureur du roi.
"Le dossier est entre les mains du parquet qui envisage des poursuites pénales contre la ville de Charleroi. La décision sera tranchée dans les mois qui suivent.Les sanctions possibles pourront être la remise en état des lieux, la reconstruction à l'identique ou une sanction importante d'ordre financier. L'extrême urgence était non fondée. Le recours que la ville de Charleroi a introduit aura lieu le 15 septembre. Après ce droit de recourt, une nouvelle audience sera re-fixée ». Nous répondait le cabinet du fonctionnaire, le 18 août dernier.

L’ASBL a pris contact avec un avocat pour pouvoir envisager de se présenter en tant partie civile dans le dossier.

Outre le fait que la commune de Charleroi devrait apprendre à respecter sa culture, elle devrait d'abord apprendre à respecter ses citoyens. Nous ne pouvons tolérer en aucun cas une tel manque de considération pour la démocratie, le respect du citoyen et du patrimoine.

A suivre

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